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L'oubli ou l'acceptation

Il est une chose dont les gens pratiquent "facilement", l'oubli. Cette faculté à "ne plus vouloir penser à".

Je ne parlerai pas ici des nombreux trous de mémoire que subissent certaines personnes (mangez du poisson voyons !). Ces "petits" oublis qui nous pourrissent la vie et qui sont souvent plus liés à une inattention qu'à une perte réelle de mémoire.

Je souhaiterai parler de l'oubli volontaire. Celui que l'on pratique la plupart du temps pour ne plus revivre un moment difficile. Les études l'ont confirmé depuis déjà bien longtemps : les événements antérieurs, comme l'émotion vécue, un lieu traversé, une personne revue, peuvent assez souvent ramenés la personne à revivre un moment, qu'il soit agréable ou pas. Il est à noter que chaque souvenir qui refait surface est un souvenir qui va être modifié, et ré-enregistré par le cerveau lors d'une phase de repos. Dans ce cas là, il doit être bienvenu de modifier le souvenir, de le consolider.

Pourquoi consolider un souvenir plutôt que de le modifier réellement, l'améliorer. Peut-être premièrement pour ne pas créer un passé mensonger, il n'y a rien de plus malhonnête que de faire croire à quelqu'un qu'il n'a pas vécu tel ou tel événement, ou que ça ne s'est pas passé comme ça. Il ne faut pas omettre que chaque personne voit de ses propres yeux et par son expérience (par son passé), la personne se construit un souvenir unique.

Je pense aussi qu'il y a autre chose dans cette consolidation, quelque chose de fort. Peut-être à première vue la consolidation d'un souvenir n'est pas une bonne technique. Mais ne nous arrêtons pas là dans cette réflexion. Il me parait clair qu'un souvenir identifiable, marqué donc consolidé ne peut pas être oublié, ou alors bien difficilement. L'acceptation est donc assez incompatible avec l'oubli. C'est de là que je partirai pour penser que l'acceptation d'un souvenir peut être une bonne manière de vivre avec son passé, de prouver que l'on veut se battre.

Là où certains passent des années à essayer d'oublier des choses, à se les cacher, à se brider sur telle ou telle chose parce qu'elle évoque "le souvenir de...". Pourquoi ne pas s'engager dans une volonté d'acceptation ? Il ne s'agit pas de dire que toutes les choses que nous avons vécues, que tous nos souvenirs sont bons ou mauvais. Il ne s'agit pas non plus de les modifier par un "oubli". Il s'agit d'être conscient de ce qu'on a vécu, d'être conscient que des choses durs ou agréables ont été vues, senties, touchées, entendues et même goutées. Mais que ces choses ont une fin. En tant que fait, elles ont pris fin. Elles ne seront plus vécues, du moins plus de la même manière, avec les mêmes personnes. La seule chose qui ne prends pas fin, c'est le souvenir. Et comme une bête sauvage, si vous voulez vivre avec sans qu'elle vous attaque, il faut apprendre à vivre avec.

Vivre avec l'acceptation que nous sommes des Hommes, mammifères omnivore doués d'une mémoire à long terme comme beaucoup de nos cousins. Cette mémoire est un don. Elle engrange des bons et des mauvais souvenirs comme une machine, sans repos. Et même si la science fait de magnifiques progrès pour permettre par exemple à des victimes d'attentats, de viols ou d'autres "agressions" de vivre un peu mieux leur vie. Ces personnes ne seront jamais totalement guéries, que ça soit par l'acceptation ou par l'oubli (médicamenteux ou pas). À nous, amis, famille, copains, connaissances voire psys de les guider, de les aider et il n'y a pas de honte à vouloir être aidé.

L'acceptation est une acceptation du passé, ce n'est pas être blasé de ce qui nous entoure, de notre présent. C'est une façon de vivre les souvenirs, de les revivre, mais d'avoir conscience qu'ils sont uniques, qu'il ne se reproduiront jamais de manière identique, que notre expérience permettra de mieux les vivre, de mieux les apprécier. Ils sont ancrés et nous apprenne quelque chose : "ne pas mettre les doigts près du feu", "ce gars là est un ****", "la mort est arrivée". Que ces choses soient justes ou pas, elles nous renseignent, nous rappellent des choses évidentes ou non. Éviter le réel par l'oubli peut marcher, comme accepter le passé et vouloir vivre le présent (ou notre futur) dans son intégralité.

Note : Il ne s'agit pas dans cet article d'expliquer de manière professionnelle des faits scientifiques. Je ne suis pas psy, pas médecin. J'exprime seulement moins point de vue. Je ne crois pas qu'il y ait de solution miracle, ni de méthode infaillible ou même de technique simple. A ceux qui souhaitent oublier, je leur souhaite sincèrement bonne chance, et je leur souhaite de réussir vite et bien. Aux autres, je leur souhaite aussi bonne chance. Et à tous, du fond du cœur.

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