Librement-Vôtre

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - société

Fil des billets - Fil des commentaires

13/03/2013

Non, je ne souhaite pas payer votre service gratuit

Un petit sujet bien d'actualité : comment notre besoin nous entraine à consommer trop et à payer trop ?

Il a peu de temps, j'ai fait le bilan de ce que l'on consommait sans jamais avoir réellement besoin. C'est assez effrayant, en voici quelques exemples :

Prenez un forfait internet (chez n'importe quel FAI), vous aurez :
  • Une boite "noire" (ou blanche), dessinée par de grands designers
  • Des boites mails (10 de 5Go chez un FAI très connu)
  • Hébergement de site Web (toujours chez ce même FAI)
  • Appels illimités vers plus de 100 destinations
  • "Gaming" offert (la blague...)
  • Télévision quasi obligatoire
  • Téléphone quasi obligatoire

Je prends un produit plutôt qu'un service ?

  • Une boite de céréales ? Vous aurez un jeu derrière, avec une belle boite avec plein de jolis dessins dessus.
  • Une compote de pomme ? Le bocal en verre sera parsemé de petits reliefs "pour faire beau"
  • Vous prenez un canapé ? On vous offre le transport.

Partout, quelque soit le service ou le produit vendu, vous achetez aussi avec d'autres services, d'autres produits indiqués comme offerts. Arrêtons de se leurrer, le gratuit à un prix, et il est répercuté dans le produit ou le service original ou dans d'autres produits mieux vendus ou plus chers. Bref, lorsque vous achetez quelque chose, vous payez tout ce qui a été à moment ou un autre en rapport avec ce produit : salaires, impôts, coût de la matière première, de la transformation du produit, mais aussi des choses plus "inutiles" : le "beau" (design, jeux, matière d'emballage, utilisation de l'emballage, etc.). À ceux qui me penseront insensible au charme de ces belles boîtes, je pense qu'il n'est pas nécessaire de rajouter un coût sur des produits de grandes nécessités : ce sont des produits utilisés très souvent, par des personnes qui n'ont parfois pas beaucoup de moyens. Au contraire, il parait normal de créer un design évoluant proportionnellement au coût du produit.

Amusant de se dire que l'on paye trop "cher" certains produits ou services quand on voit le raffinement de l'emballage, que ça soit le design, les jeux intégrés, l'ouverture facile bien technique. Mais pourquoi donc ma bouteille de soda ne ressemblent pas une bouteille normale, sans traits dans tous les sens ? Pourquoi me propose t-on 20% gratuits dans ce paquet de gâteaux, il est bien impacté ailleurs (ou alors il y a publicité mensongère). Parlons aussi de ces ordinateurs, vendus par millions avec des systèmes d'exploitation et des logiciels pré-installés, logiciels payés et qui polluent notre PC... Pour rappel, la vente liée est interdite en France, je dis ça... je ne dis rien...

Je suis assez impressionné par cet automatisme des entreprises à toujours vouloir vendre "plus de services", "plus de beau" toujours au même prix. L'important, et de nombreux commerciaux me l'ont affirmé, c'est de vendre du rêve. Le rêve permet au client de croire qu'il n'achète pas un simple produit, mais bien plus. On considèrera alors que ce plus est gratuit, offert à l'utilisateur. Le produit n'est pas vendu tel quel, il est enrobé de "beau", de services...

Il est certain que certaines choses doivent être obligatoires sur un produit ou un service. Beaucoup le sont comme l'étiquetage, la garantie de quelque chose de conforme. D'autres comme la composition, la provenance, l'indice CO2 auraient tout intérêt à être affichées de manières claires et non trompeuses.

On pourrait aussi parler de la provenance de produits qui peuvent être créé sur place et dont les coûts de transport amenuiseraient mais le transport n'est pas considéré comme un service gratuit.

Pour être tout à fait clair, je ne suis pas totalement contre cet "écosystème" que l'on nous vends autour d'un produit mais je suis foncièrement contre ce choix minuscule que l'on propose au consommateur. Trouvez-vous beaucoup d'offre ADSL sans triple-play ? Je ne crois pas. Le choix disparait au profil d'une offre plus complète qui amènera (peut-être ?) le client à s'approprier de nouveaux besoins, d'abord gratuits, pour que la dépendance s'installe, puis payants.